La bouffe

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Dessin : Claude Serre

 

Je n’ai jamais été une accro aux produits issus de l’agriculture biologique. Et pourtant, depuis que je suis arrivée à Budapest, le moindre petit logo vert m’attire comme un aimant, qu’il soit d’origine allemande, hollandaise, belge, parfois française, mais surtout allemande. Autant dire que les produits biologiques vendus ici n’ont rien d’extraordinaire, je n’ai rien contre la nourriture allemande, mais je suis (enfin pour le coup j’étais) végétarienne et les saucisses bios, ça ne m’intéresse pas.

 

Allons donc. Nous sommes ici pour parler de la nourriture traditionnelle hongroise. Quand je dis nourriture, c’est un terme bien vaste ! Il y a nourriture et nourriture. Il y a la nourriture du hongrois aisé, qui mange au restaurant et possède une certaine culture culinaire, et la nourriture du hongrois moyen, comme vous et moi, mais surtout moi, étudiante sans le sou, qui dévalise les rayons des grandes surfaces de petits pots à bas prix et tente vainement de les accomoder dans sa casserole. Passons. Quand je commence un billet en écrivant que je suis devenue une accro du bio, vous vous doutez bien que la nourriture ici n’a rien d’extraordinaire et, malgré le niveau de vie relativement faible des hongrois, acheter de la bouffe bio revient toujours moins cher que de se nourrir de fast foods ou du Chinois à emporter qui loge au bout de la rue et de vous tordre les boyaux jusqu’au petit matin. J’ai pourtant essayé, dans un grand élan d’ouverture d’esprit, de m’accomoder des produits hongrois, de prendre exemple sur la ménagère à côté de moi et d’opérer des choix similaires en terme de produits alimentaires, n’ayant d’autre choix puisque de toute manière, je n’étais pas foutue de comprendre le nom du moindre ingrédient. Un article probablement tout aussi dépréciatif viendra plus tard à propos de la langue magyar soit dit en passant. J’ai même renoncé à mon diktat végétarien, acheté un haut de cuisse, tenté vainement de cuisiner de le cuisiner dans ma casserole avec huile d’olive, citron, persil et petits oignons, pour finalement le regarder se noyer désespérément dans sa graisse. Et pourtant, je n’avais pas pris le premier prix. Je me demande de quoi sont faits les hauts de cuisse premier prix d’ailleurs. Autant acheter un pot de graisse de canard, le résultat sera tout aussi dégueulasse, mais au moins, vous ne serez pas pris par surprise. L’épisode poulet ayant conclu à l’échec, je suis passée à la bouffe pré-préparée, ces espèces d’aliments précuits qu’il s’agit de mettre cinq minutes au micro-ondes ou quinze minutes au four. Comme tout hongrois qui se respecte, j’ai choisi la croquette. Jamais au cours de ma vie je n’aurais imaginé la Hongrie comme étant le pays de la croquette. Evidemment, après avoir passé une année en Espagne, qui se revendique ouvertement comme le pays de la panure et de la friture, c’était difficilement concevable d’être confrontée à un état d’esprit similaire en Hongrie. Et pourtant, ce n’est pas si incohérent. La friture, la panure, c’est gras. Et le hongrois aime le gras. Imaginez ma surprise toutefois quand, dans le premier supermarché que je rencontre, je me retrouve face à des rayons immenses, inépuisables presque, de croquettes toutes aussi différentes les unes que les autres. Car le hongrois fait de la croquette avec tout ce qu’il trouve. Ici, tout est croquette. Ou, du moins, sujet à croquette. Méfiez-vous toutefois, quand vous décidez de choisir un type de croquette pour votre repas du soir, surtout quand vous ne comprenez rien aux étiquettes et que les dessins représentent plus ou moins tous la même chose, sans que la nature de l’aliment croquetté soit bien clair. Avec beaucoup de chance, vous tombez sur une croquette à la feta (le hongrois aime la feta). Avec un peu moins de chances, vous tombez sur une croquette aux brocolis, ou sur une reconstitution de viande de bœuf ou de poisson. Si vraiment vous vous êtes plantés, vous tombez sur une tentative d’imitation du cordon bleu. Il existe une quatrième catégorie dans laquelle vous ne parvenez pas à identifier l’aliment censé être mis en valeur qui se trouve sous la panure. Ne cherchez pas, ne persévérez pas, ne vous dites surtout pas « Je l’ai payé donc je le mange ». L’estomac et le cerveau fonctionnent ensemble, et si vous mangez quelque chose tout en ignorant ce que c’est, vous n’aimerez pas. Et si vous vous forcez, vous serez malade. Comme moi.

 

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Le sacro-saint pays de la croquette ...

 

Si il existe bien quelque chose dont vous pouvez être sûrs, c’est que peu importe votre choix culinaire pour votre déjeuner, ce sera nécessairement gras. Calorique. Constitué à 89% de matières grasses hydrogénées qui polluent vos artères et la planète. Sur les étiquettes, vous ne comprenez rien aux indications nutritives. Mais vous savez que le pourcentage le plus élevé représente la catégorie des lipides. Je ne suis pas une accro à la nutrition, mais quand je suis tombée sur un vulgaire plat préparé au supermarché du coin, et réalisé que les hongrois affichaient fièrement le total de calories du plat en question, j’ai commencé à faire attention au choix de mes aliments.

 

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Tadaaaaaam !

 

 

Passons maintenant à quelque chose de tout aussi peu ragoutant mais qui, finalement, m’étonne un peu moins. Les desserts. Je n’ai jamais visité un seul pays qui osait admettre que la pâtisserie n’était pas forcément son trait le plus marquant. Les français les premiers revendiquent leur pâtisserie comme le meilleure au monde, à l’instar des espagnols et des italiens. Je pense que nous autres européens manquons tous un peu d’humilité, mas je remarque toutefois que le croissant et la baguette sont les premiers éléments de boulangerie que je retrouve sous une version quelque peu .. différente ou déclinée .. dans un pays étranger. Mais ces petites choses-là, si bonnes fussent-elles en pays franchouillard, ici, elles ne m’intéressent pas. D’une part car je sais pertinemment qu’un croissant espagnol et pire, un croissant hongrois, seront dégueulasses, et d’autre part, parce que je m’intéresse bien plus aux spécialités locales. La pâtisserie hongroise, en résumé, ça ressemble à ça : un gros amalgame de pate épais et plutôt imposant, entre deux couches de génoise. Pourtant, j’étais pleine de bonne volonté. Je me suis dite, pourquoi pas ! La génoise, certes, ce n’est pas ma tasse de thé. Mais une génoise bien faite peut équilibrer le côté sucré de la crème à l’intérieur, une crème qui n’est pas forcément aussi sucré et épaisse qu’elle n’y paraît, peut-être a-t-elle été faite à base de blancs d’œufs montés en neige incorporés délicatement à un appareil de jaune d’œufs et de sucre, peut-être a-t-elle, de la sorte, une texture mousseuse ? Peut-être. Mais pas cette fois. Le dessert hongrois, c’est comme le capuccino hongrois. C’est épais. Sucré. Et plein de grumeaux.

 

Bref. Tout cela pour dire que je pourrais écrire des heures durant sur les profondes souffrances de mon palet et de mon estomac lorsque je pose un pied dans un supermarché hongrois. Mais il existe quelques trucs qui valent tout de même la peine. Des trucs que je ne recommanderais pas de manger tous les jours, mais qui méritent d’être cités. Langos, strudels, goulashs, et autres spécialités du coin vous aideront donc à supporter les rigoureux hivers hongrois.

 

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Vous savez pas ce que c'est ? Moi non plus. Ici, ils appellent ça des "profiteroles".

 

Et pour finir, le pâté de sardines en tube !

Et pour finir, le pâté de sardines en tube !

 

 

 

 

mai 14, 2013 § Poster un commentaire

Ouais ouais.

Remarquez je mets le blog à jour juste quand je démarre une nouvelle période d’exams.

Quitte à rester assise à un bureau toute la sainte journée, il faut bien faire passer le temps, d’une manière ou d’une autre, me direz-vous.

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mai 14, 2013 § Poster un commentaire

En direct de Vienne city, je profite d’une situation météorologique particulièrement pourrie pour faire une pause racontage de vie. Parce qu’il s’avère que je trimballe mon ordinateur portable avec moi depuis Budapest, conséquence d’une prise de conscience soudaine que la date fatidique des exams se rapproche .. disons .. fatidiquement. Enfin. Qui dit prise de conscience dit plutôt se donner bonne conscience.

BREF.

Je suis à Vienne, dans une auberge bien sympathique refaite à neuf et tenue par une punk autrichienne avec une coupe à la Skrillex teinture Eminem, dans laquelle il est interdit de grignoter dans les chambres (je le fais quand même, oulala!), de faire du bruit à partir de 10h (devrais-je dénoncer le viet qui ronfle impunément jusqu’au petit matin?), où les serviettes ne sont pas inclues (ni consignées) MAIS, où il y a un sèche-cheveux. Eh oui : les poils de bite, vous les passez cinq minutes au séchoir et on en parle plus.

BREF.

Je débarque là, sur un coup de tête, sans guide, sans la moindre idée de ce à quoi cette ville ressemble, sans même savoir que les autrichiens étaient passés à l’euro, avec pour seuls clichés les aventures de Sissi l’impératrice, la famille Hasburgs où tous les membres (ou presque) étaient consanguins, et l’idée d’un peuple un peu suranné, figé dans le temps, habillé de fourrures en hermine et coiffé de perruques à bouclettes. Nous voici revenus aux époques de Beethoven, de Mozart et de Wagner, les trois mousquetaires et le comte de Monte-Christo auraient pu surgir au coin d’une rue, ça ne m’aurait pas étonnée. Dernier cliché : l’Autriche, dans ma tête, c’était un peu la Suisse. De grands paysages verdoyants, entretenus, naturels (le Tyrooool!), un peuple écolo, dernier bastion d’Europe où l’on respire encore de l’air pur. Toute plaisanterie mise à part, comparé à Budapest, il est clair que je sens mes poumons revivre.

Ceci étant posé, il n’y aura pas de chute à mon histoire. Vienne est une très belle ville, également traversée par le Danube, dotée d’une pale réplique de l’île Marguerite hongroise, et de paysages effectivement verdoyants et qui le seraient sans doute davantage sous le soleil. Les autrichiens sont des gens tout à fait normaux, un peu gros, mais très à cheval sur les dernières tendances de la mode. Le café reste une véritable institution dans cette ville, il est notamment synonyme de culture littéraire et surtout philosophique. On y mange mal, comme dans tous les pays d’Europe de l’est, mais les boulangeries maîtrisent à peu près la technique du pain. Sinon, on retrouve la base quotidienne : le goulache, les fausses crêpes fourrées au cottage cheese, le salami et le veau, dinde, poulet, canard, bœuf au paprika.

Ceci étant dit, nous sommes à la mi-mai, il faisait trente degrés la semaine dernière et trente degrés sont prévus la semaine prochaine, mais ce week end, comme je décide de partir en voyage, il fait quinze et il pleut comme vache qui pisse. A dire vrai, je suis arrivée à Vienne, il faisait facilement 25, et puis je me suis perdue au moment de rejoindre l’auberge, ayant pris ma carte dans le mauvais sens, et je me rappelle avoir sué comme un cochon alors que je montais et redescendais la même avenue facilement une heure durant. Et puis je suis arrivée à ma chambre, j’ai déposé mes affaires, et je suis ressortie équipée cette fois-ci de mon appareil photo. C’est alors qu’un vent terrible, à décorner les taureaux (remarquez mon affection pour les expressions / champ sémantique de la ferme), s’est mis à souffler. Et puis il s’est mis à pleuvoir, et depuis, ça ne s’est pas vraiment arrêté.

Malchance donc.

En conclusion de ce voyage à Vienne :

     – j’ai vidé ce qui restait sur mon compte bancaire, un 12 mai, c’est un peu dommage quand il reste plus de la moitié du mois à financer

     – j’ai expérimenté à travers la cloison de ma chambre le quotidien d’un couple de vietnamien (y compris leurs querelles nocturnes concernant ronflement particulièrement sonore du mâle vietnamien)

    – j’ai battu mon record de consommation quotidienne de caféine avec une moyenne de trois Latte Vanilla grande au Mc Café et quatre venti Capuccino au Starbucks

    – j’ai fait pipi dans des toilettes éclairés par un néon bleu à l’université des sciences et des nouvelles technologies, ce qui m’a sensiblement perturbée puisque la couleur de l’urine devient verte

     – je me suis rendue compte qu’il suffit de dix minutes de marche à des chaussures h&m pour sentir le clodo.

 

Por fin ..

avril 9, 2013 § Poster un commentaire

.. llega la Primavera.

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Me transparento cada dia un poco mas.

 

#2

février 7, 2013 § Poster un commentaire

 La bouffe part.1

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Copiraïte : Claude Serre

Je n’ai jamais été une accro aux produits issus de l’agriculture biologique. Et pourtant, depuis que je suis arrivée à Budapest, le moindre petit logo vert m’attire comme un aimant, qu’il soit d’origine allemande, hollandaise, belge, parfois française, mais surtout allemande. Autant dire que les produits biologiques vendus ici n’ont rien d’extraordinaire, je n’ai rien contre la nourriture allemande, mais je suis (enfin pour le coup j’étais) végétarienne et les saucisses bios, ça ne m’intéresse pas.

Allons donc. Nous sommes ici pour parler de la nourriture traditionnelle hongroise. Quand je dis nourriture, c’est un terme bien vaste ! Il y a nourriture et nourriture. Il y a la nourriture du hongrois aisé, qui mange au restaurant et possède une certaine culture culinaire, et la nourriture du hongrois moyen, comme vous et moi, mais surtout moi, étudiante sans le sou, qui dévalise les rayons des grandes surfaces de petits pots à bas prix et tente vainement de les accomoder dans sa casserole. Passons. Quand je commence un billet en écrivant que je suis devenue une accro du bio, vous vous doutez bien que la nourriture ici n’a rien d’extraordinaire et, malgré le niveau de vie relativement faible des hongrois, acheter de la bouffe bio revient toujours moins cher que de se nourrir de fast foods ou du Chinois à emporter qui loge au bout de la rue et de vous tordre les boyaux jusqu’au petit matin. J’ai pourtant essayé, dans un grand élan d’ouverture d’esprit, de m’accomoder des produits hongrois, de prendre exemple sur la ménagère à côté de moi et d’opérer des choix similaires en terme de produits alimentaires, n’ayant d’autre choix puisque de toute manière, je n’étais pas foutue de comprendre le nom du moindre ingrédient. Un article probablement tout aussi dépréciatif viendra plus tard à propos de la langue magyar soit dit en passant. J’ai même renoncé à mon diktat végétarien, acheté un haut de cuisse, tenté vainement de cuisiner de le cuisiner dans ma casserole avec huile d’olive, citron, persil et petits oignons, pour finalement le regarder se noyer désespérément dans sa graisse. Et pourtant, je n’avais pas pris le premier prix. Je me demande de quoi sont faits les hauts de cuisse premier prix d’ailleurs. Autant acheter un pot de graisse de canard, le résultat sera tout aussi dégueulasse, mais au moins, vous ne serez pas pris par surprise. L’épisode poulet ayant conclu à l’échec, je suis passée à la bouffe pré-préparée, ces espèces d’aliments précuits qu’il s’agit de mettre cinq minutes au micro-ondes ou quinze minutes au four. Comme tout hongrois qui se respecte, j’ai choisi la croquette. Jamais au cours de ma vie je n’aurais imaginé la Hongrie comme étant le pays de la croquette. Evidemment, après avoir passé une année en Espagne, qui se revendique ouvertement comme le pays de la panure et de la friture, c’était difficilement concevable d’être confrontée à un état d’esprit similaire en Hongrie. Et pourtant, ce n’est pas si incohérent. La friture, la panure, c’est gras. Et le hongrois aime le gras. Imaginez ma surprise toutefois quand, dans le premier supermarché que je rencontre, je me retrouve face à des rayons immenses, inépuisables presque, de croquettes toutes aussi différentes les unes que les autres. Car le hongrois fait de la croquette avec tout ce qu’il trouve. Ici, tout est croquette. Ou, du moins, sujet à croquette. Méfiez-vous toutefois, quand vous décidez de choisir un type de croquette pour votre repas du soir, surtout quand vous ne comprenez rien aux étiquettes et que les dessins représentent plus ou moins tous la même chose, sans que la nature de l’aliment croquetté soit bien clair. Avec beaucoup de chance, vous tombez sur une croquette à la feta (le hongrois aime la feta). Avec un peu moins de chances, vous tombez sur une croquette aux brocolis, ou sur une reconstitution de viande de bœuf ou de poisson. Si vraiment vous vous êtes plantés, vous tombez sur une tentative d’imitation du cordon bleu. Il existe une quatrième catégorie dans laquelle vous ne parvenez pas à identifier l’aliment censé être mis en valeur qui se trouve sous la panure. Ne cherchez pas, ne persévérez pas, ne vous dites surtout pas « Je l’ai payé donc je le mange ». L’estomac et le cerveau fonctionnent ensemble, et si vous mangez quelque chose tout en ignorant ce que c’est, vous n’aimerez pas. Et si vous vous forcez, vous serez malade. Comme moi.

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Si il existe bien quelque chose dont vous pouvez être sûrs, c’est que peu importe votre choix culinaire pour votre déjeuner, ce sera nécessairement gras. Calorique. Constitué à 89% de matières grasses hydrogénées qui polluent vos artères et la planète. Sur les étiquettes, vous ne comprenez rien aux indications nutritives. Mais vous savez que le pourcentage le plus élevé représente la catégorie des lipides. Je ne suis pas une accro à la nutrition, mais quand je suis tombée sur un vulgaire plat préparé au supermarché du coin, et réalisé que les hongrois affichaient fièrement le total de calories du plat en question, j’ai commencé à faire attention au choix de mes aliments.

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Tadaaaaaam !!

Passons maintenant à quelque chose de tout aussi peu ragoutant mais qui, finalement, m’étonne un peu moins. Les desserts. Je n’ai jamais visité un seul pays qui osait admettre que la pâtisserie n’était pas forcément son trait le plus marquant. Les français les premiers revendiquent leur pâtisserie comme le meilleure au monde, à l’instar des espagnols et des italiens. Je pense que nous autres européens manquons tous un peu d’humilité, mas je remarque toutefois que le croissant et la baguette sont les premiers éléments de boulangerie que je retrouve sous une version quelque peu .. différente ou déclinée .. dans un pays étranger. Mais ces petites choses-là, si bonnes fussent-elles en pays franchouillard, ici, elles ne m’intéressent pas. D’une part car je sais pertinemment qu’un croissant espagnol et pire, un croissant hongrois, seront dégueulasses, et d’autre part, parce que je m’intéresse bien plus aux spécialités locales. La pâtisserie hongroise, en résumé, ça ressemble à ça : un gros amalgame de pate épais et plutôt imposant, entre deux couches de génoise. Pourtant, j’étais pleine de bonne volonté. Je me suis dite, pourquoi pas ! La génoise, certes, ce n’est pas ma tasse de thé. Mais une génoise bien faite peut équilibrer le côté sucré de la crème à l’intérieur, une crème qui n’est pas forcément aussi sucré et épaisse qu’elle n’y paraît, peut-être a-t-elle été faite à base de blancs d’œufs montés en neige incorporés délicatement à un appareil de jaune d’œufs et de sucre, peut-être a-t-elle, de la sorte, une texture mousseuse ? Peut-être. Mais pas cette fois. Le dessert hongrois, c’est comme le capuccino hongrois. C’est épais. Sucré. Et plein de grumeaux.

Bref. Tout cela pour dire que je pourrais écrire des heures durant sur les profondes souffrances de mon palet et de mon estomac lorsque je pose un pied dans un supermarché hongrois. Mais il existe quelques trucs qui valent tout de même la peine. Des trucs que je ne recommanderais pas de manger tous les jours, mais qui méritent d’être cités. A venir donc, article sur les langos, strudels, goulashs, et autres spécialités du coin qui vous aideront à supporter les rigoureux hivers hongrois.

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Vous savez pas ce que c’est ? Moi non plus. Ici, ils appellent ça des profiteroles.

Et pour finir, le pâté de sardines en tube !